Maison Economie Dossier- Exploitation d’or à Betsiaka : les Chinois s’installent

Dossier- Exploitation d’or à Betsiaka : les Chinois s’installent

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Jamais deux sans trois. Après Soamahamanina, Bealanana, voici à présent Betsiaka, une commune située à 30 km d’Ambilobe, sur la route nationale menant à Vohémar. La scène se déroule dans le fokontany d’Andrafialava où une société chinoise, une fois de plus, y effectue une exploitation aurifère. Tout cela, avec la complicité de l’Etat.

Ce sont les habitants de la commune de Betsiaka qui ont affirmé qu’il s’agit bel et bien d’une exploitation aurifère. D’ailleurs, des locaux y travaillent. «Les Chinois sont venus et ont commencé l’exploitation, sans nous avoir consultés. Nous n’avons même pas été présentés malgré que des étrangers exploitent nos terres», a dénoncé le notable du fokontany. D’après lui, c’est le chef du fokontany qui en a donné l’autorisation. Cela, depuis le mois de juin dernier. «Qui d’autre que le chef du fokontany aurait bien pu vendre nos terres aux étrangers ?», se sont interrogés, une fois de plus, les notables du village.

Pourtant, l’affaire semble avoir déjà été réglée auprès d’autres responsables. Les habitants de la région pointent alors du doigt le maire de la commune de Betsiaka qui a quitté les lieux au moment de l’investigation. «Nous craignons pour nos terres, particulièrement, dans le cas où elles ne pourraient plus être utilisées après avoir été exploitées des Chinois», ont-ils poursuivi.

Un transport toutes les deux semaines 

De leur côté, les Chinois gardent leurs distances, en indiquant travailler le sable. Ceux aperçus sur place n’ont voulu donner aucune information, sous prétexte qu’ils ne parlent ni le malgache, ni le français, ni l’anglais. L’on ne connaît ni le nom de la société, ni les responsables et encore moins le nombre d’employés qui y travaillent. Une chose est sûre, les Chinois sont venus avec de gros engins et l’exploitation pourrait durer quelques années encore. Avant cela pourtant, l’exploitation d’Andrafialava revenait aux habitants de la localité qui ont dû par la suite plier bagage à l’arrivée de ces nouveaux exploitants étrangers.

Une branche de la société se trouve ainsi à Betsiaka sauf que le directeur général n’était pas sur place au moment des investigations. Les lieux étant également gardés par les forces de l’ordre. Ce qui semble étonnant pour quelqu’un qui œuvre dans le domaine humanitaire. Des rumeurs circulent comme quoi l’or serait transporté par hélicoptère toutes les deux semaines et qu’un transport aurait eu lieu le jour précédant l’arrivée des journalistes sur place. Ce qui serait pratiquement impossible sans l’appui de hautes autorités. Aucun responsable auprès de la commune n’a ainsi pu être interrogé car ni le maire, ni le chef du district n’étaient sur place et ne pouvaient également être joints au téléphone.

Andrafialava est l’une des localités recelant une réserve d’or à Madagascar. L’arrivée de ces exploitants chinois menace ainsi les petits exploitants ne disposant pas de matériels suffisants.  De 1906 à 1934, soit en 30 ans, trois communes périphériques de Betsiaka ont pu exporter 7.285 kg d’or, ce qui témoigne des potentialités économiques de cette région. Cependant, la route est presque impracticable, surtout durant la saison des pluies. Une situation qui a énormément profité aux gros exploitants, et maintenant aux Chinois.

One et Kraoma se dédouanent

De son côté, l’Office national de l’environnement (ONE) a été contacté, mais il semble que les responsables aient été en déplacement à Ampefy. Notons que l’ONE est le seul organisme à pouvoir octroyer une autorisation d’exploitation en considérant les aspects environnementaux.

N’ayant obtenu aucune réponse satisfaisante des autorités, ce sont, une fois encore, les habitants qui ont indiqué que la société Kraoma S.A serait impliquée dans cette affaire. L’autorisation d’exploitation est ainsi à son nom et date du 12 janvier 2015. On peut y lire que la société pouvait exploiter le terrain de 625 m2 pendant 40 ans. Est alors autorisée l’exploitation de l’or, de barytine, de pyrite, de quartz et de galène.

La société Kraoma serait-elle alors la propriétaire de l’or transporté par hélicoptère ?

La réponse est évidemment négative. «Nous avons obtenu cinq périmètres mais nous ne nous sommes accordés qu’un seul. Et encore, avec plusieurs autres organisations», a justifié le directeur général de la société Kraoma. «Ce n’est que plus tard que nous avons constaté que ces organisations ont signé un autre contrat avec la société Madamining, puis avec des Arabes et des Chinois, à notre grand étonnement», a-t-il poursuivi.

Après cela, la société a pris quelques précautions en interdisant le survol de la zone en hélicoptère mais surtout la sortie de l’or, étant donné que le terrain lui appartient.

 

www.newsmada.com

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