Décaissement de 10 milliards de dollars : le DFP se dit sceptique

Décaissement de 10 milliards de dollars : le DFP se dit sceptique

153
PARTAGER

Le mouvement Dinika ho fanavotana ny firenena (DFP) craint que le décaissement de dix milliards de dollars ne soit effectif et qu’à défaut, l’Etat serait obliger de recourir au financement parallèle. Pour le DFP, l’arrivée du président turc Recep Tayyip Erdogan pourrait changer la donne.

«Au lieu de trouver des solutions efficaces pour débloquer les fonds, l’Etat se précipite vers un remaniement incertain et en même temps prépare avec ferveur l’arrivée prochaine du président de la Turquie », a indiqué le leader du DFP Maharavo Ratolojanahary, dit Doudou, hier à Ambohipo.

A noter que les 10 milliards de dollars promus par les bailleurs et investisseurs étrangers à Paris récemment sont prévus être débloqués vers la fin du mois de mars prochain. « Mais la visite du président turc ne va pas faciliter pas la tâche », a-t-il poursuivi.

Vu la position de l’Union européenne (UE) vis-à-vis de la Turquie à l’heure actuelle, en matière du respect de droit de l’homme, de l’Etat de droit ou encore des principes de la démocratie, la visite de Recep Tayyip Erdogan risque d’être mal vue. Pour le leader du DFP, cela ressemble à une « déclaration de guerre contre l’Union européenne et la France qui pourrait engendrer le blocage des fonds obtenus ». A titre de rappel, de nombreux députés du Parlement européen ont souhaité un gel du processus d’adhésion de la Turquie à l’UE.

Et le DFP va encore plus loin dans son analyse. En fait, d’après le mouvement, « L’Etat est déjà conscient que cette somme ne sera pas facile à obtenir. Du coup il se  prépare à recourir à un autre moyen de financement ».

Le DFP estime ainsi que chacun devrait rester vigilant au cas où l’Etat malgache vont nouer des partenariats avec la Turquie, étant donné que les intentions du président turc restent méconnues. Le mouvement n’a même mâché ses mots en soulignant que cette visite pourrait favoriser le terrorisme à Madagascar.

Réforme de gouvernance

Cependant, des solutions restent possibles sans procéder au remaniement. « Si le gouvernement souhaite réellement obtenir le décaissement des dix milliards de dollars, il devrait penser à présenter une proposition de réforme de gouvernance au lieu du remaniement qu’on ne cesse de radoter », a proposé Maharavo Ratolojanahary.

« Sans cela, l’Etat serait obligé de procéder à des financements parallèles, c’est-à-dire recourir par ses propres moyens sans consulter la population ». Pour cela, une table ronde avec tous les acteurs, y compris l’opposition, devrait être organisée. Sous cet angle, le DFP estime que le HVM à lui seul ne peut plus diriger le pays. En effet, les bailleurs de fonds exigent plusieurs conditions que le gouvernement ne semble pas pouvoir satisfaire tout seul.

Dans tous les cas, la tenue d’une table ronde entre tous les acteurs a été proposée par le DFP depuis l’année dernière.

« Nous avons déjà une proposition de réforme sauf que l’Etat fait en sorte que le dialogue ne soit pas lieu », a fait savoir le leader du mouvement, en expliquant que ce sont les moyens financiers qui font obstacle. Ainsi, le DFP attend toujours la concrétisation de ce dialogue, seule issue pour sortir de la situation actuelle.

Tahina Navalona

 

www.newsmada.com

AUCUN COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE