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CFM : Inertie et silence

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CFM : Inertie et silence
Silence inquiétant des membres du CFM. (Photo d’archives)

L’inertie et le silence du Conseil du « Fampihavanana Malagasy » (CFM) face aux graves déclarations mutuelles des politiciens, à l’aube des prochaines élections, confirment-ils l’allégation selon laquelle c’est une institution inutile ?

« Quand tout va bien au niveau local, au niveau des « fokontany », des communes, des régions, Madagascar sera en harmonie ». Ces propos ne sont autres que ceux de Rasoamaniry, présidente de la Commission Vérité et Pardon au sein du CFM (Conseil du « Fampihavanana Malagasy ») lors d’une conférence de presse que ladite commission a tenue hier à Ampefiloha. Avec un discours digne d’une grande oratrice, Rasoamaniry a utilisé presque tous les proverbes malgaches qui illustrent et reflètent la sagesse des « Ntaolo Malagasy » quand on se réfère à la valeur malgache qu’est le « fihavanana ». C’était également une occasion pour la commission d’informer les chefs de « fokontany ». «Des descentes au niveau local auront lieu d’ici peu pour rechercher les raisons pour lesquelles le « fihavanana » tend à disparaitre de la société », a-t-elle poursuivi. Effectivement, d’après l’article 33 de la loi n°2016-037 du 15 décembre 2016 relative à la réconciliation nationale, la commission vérité et pardon a pour « mission principale, la recherche de la vérité et l’établissement des responsabilités » ayant trait aux crises politiques et sociales ainsi qu’aux cas de violation des droits humains.

Crises politiques. Comme on soulève la question relative aux crises politiques successives, le CFM a du pain sur la planche. L’article unique de la même loi relative à la réconciliation nationale précise qu’elle (la loi) « a pour objet de restaurer la cohésion nationale par la voie de la réconciliation nationale, de l’amnistie, de la réparation en faveur des victimes des situations conflictuelles majeures ayant laissé des séquelles cruciales sur la cohésion nationale et des victimes des événements politiques de 2002 jusqu’à la fin de la Transition ainsi que de la refondation de la Nation et de la République, la prévention des crises cycliques et la reconstruction de l’Etat de droit ».

Magistrature suprême. Sur la base de cette disposition légale, et en se référant à la conjoncture politique actuelle, le CFM qui se revendique être soucieux de la réconciliation nationale demeure quasi inerte par rapport aux déclarations caricaturales, aux invectives que se lancent certains politiciens et aussi aux manœuvres dilatoires, aux calculs politiques qui ruinent la stabilité politique et l’harmonie au sein du pays. Nous ne sommes pas sans savoir que le régime en place, même s’il ne l’affirme pas directement, veut évincer deux candidats potentiels de la course à la magistrature suprême. L’un d’entre eux a d’ores et déjà envisagé le scenario d’une nouvelle crise dans le cas où il serait empêché de se porter candidat. Dans cette atmosphère de crise postélectorale probable, quid de la réconciliation nationale ?

Aina Bovel

www.midi-madagasikara.mg

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